Note

À l’exception de mes ouvrages, les publications sont présentées ici par thèmes et non par types de productions – ces dernières sont certes la norme mais elles apparaissent déjà ainsi dans mon Curriculum vitae (téléchargeable ici) et sur ma page Academia. On trouvera les résumés en anglais sur cette dernière.

Except for the books, the publications are listed thematically and not by type of production, as it appears in my CV and on Academia (except my books). One can find the English abstracts on Academia.

Ouvrages

La guerre de Cent ans

La guerre de Cent Ans, Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes (Libre Cours) 2017, 184 p. (en ligne: https://www.cairn.info/la-guerre-de-cent-ans–9782842927318.htm).

Quatrième de couverture :

Synthèse sur cet épisode des relations entre l’Angleterre et la France, fondée sur une histoire comparée des deux royaumes.
Le Brexit, voté le 24 juin 2016, rappelle avec fracas l’existence d’une méfiance continue des Anglais face à l’Europe continentale en général et la France en particulier, malgré des liens étroits depuis l’Antiquité. La guerre de Cent ans en est un des épisodes les plus spectaculaires. Sans prétendre à l’exhaustivité, cet ouvrage entend, sur quelques thématiques fondamentales, établir une véritable histoire comparée des deux royaumes.

On trouvera des ressources supplémentaires accompagnant l’ouvrage sur le site Ménestrel : http://www.menestrel.fr/?-03-La-guerre-de-Cent-ans-.

Richard III, Paris, Ellipses, 2011, 312 p., réédition en poche, 2022.

Quatrième de couverture :

Richard III, le plus célèbre des tyrans shakespeariens, apparaît comme l’une des incarnations les plus tragiques du vice au pouvoir. Depuis sa composition à la fin du xvie siècle, la popularité du Richard III de Shakespeare ne s’est jamais démentie sur scène ou à l’écran.

Cet anti-héros par excellence est pourtant un personnage historique bien réel, acteur majeur dans la tourmente des guerres civiles anglaises (la guerre des Deux Roses), à la fin du xve siècle. Dernier roi yorkiste, il s’empare du pouvoir en 1483, à la mort de son frère Édouard IV, en éliminant ses jeunes neveux. Son règne fut bref : le 22 août 1485, il est vaincu à la bataille de Bosworth par le fondateur de la dynastie des Tudor, Henri, comte de Richmond. Pour les Anglais, c’est la fin d’un Moyen Âge dont Richard est le fossoyeur.

Du jour même de son usurpation, Richard a suscité passions et fascination, qui ont conduit à sa transformation en monstre mythique. L’objet de ce livre est d’abord de lui rendre sa dimension historique, de replacer ses actes dans le contexte de la société anglaise de la fin du Moyen Âge, marquée par de profondes transformations sociales, politiques et culturelles. Mais il s’agit aussi d’analyser la métamorphose d’un homme, tout en tentant de comprendre les ressorts de la naissance et la persistance d’un mythe nourri par la question centrale de la perversion du pouvoir et de ses conséquences sur l’(in)humanité.

Dialogues et résistances : une anthologie de textes anglais de la fin du Moyen Âge, introduction, traduction et commentaires, en collaboration avec Stephen Morrison, Turnhout, Brepols, 2010, 412 p.

Quatrième de couverture :

Les textes présentés dans ce recueil, traduits pour la première fois en français, ont été composés entre le milieu du xive et du xve siècle, alors que l’Angleterre connaît de fortes transformations dans tous les domaines – politiques, sociaux, culturels, économiques – non sans résistances. Poèmes, sermons ou encore tracts polémiques, produits dans un contexte de développement de la ‘literacy’ (aptitude à lire et à écrire) et d’une culture écrite en anglais, s’interrogent, et parfois contestent, ces évolutions. Ces textes suggèrent tous qu’en réalité, ces transformations fonctionnent ensemble et ils constituent tous des lieux de communication, de dialogue ou de résistance (voire les deux) dans une société anglaise alors en pleine ébullition.

Une Angleterre entre rêve et réalité. Littérature et société en Angleterre au xive siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2007, 430 p. (en ligne: https://books.openedition.org/psorbonne/11966).

Quatrième de couverture :

Dans les derniers siècles du Moyen Âge, l’Angleterre a connu des transformations essentielles, à la fois culturelles, politiques et sociales. Elles apparaissent dans toute leur complexité au sein de la production poétique contemporaine, qui a constitué durant cette période un médium de communication fondamental. Ainsi, l’objet de cette étude est-il l’analyse des interactions entre ces différentes transformations et un corpus de poèmes allitératifs composés en anglais dans le courant du xive siècle (dont le représentant le plus illustre est le Piers Plowman de William Langland). Il s’agit notamment de dégager toute la richesse de textes littéraires qui doivent être considérés comme des sources historiques à part entière. L’auteur s’attache tout d’abord à replacer ces textes dans leur cadre social et culturel, avant d’analyser leur diffusion. Elle envisage ensuite les nombreux thèmes abordés dans les poèmes, qui reflètent les multiples intérêts des poètes : l’organisation de la société, le gouvernement et la justice, l’institution ecclésiastique et la connaissance, la perception du salut de chacun et de tous, la perception des auteurs de leur activité littéraire. Les critiques de ces derniers, mais aussi leurs propositions et leurs espoirs, reflètent et enrichissent un dialogue de plus en plus large au sein de la société anglaise.

Pierre le Laboureur de William Langland, introduction, traduction et commentaires, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, 278 p. (à télécharger ici).

Quatrième de couverture :

Injustement méconnu en France, Pierre le laboureur est pourtant considéré outre Manche comme une œuvre majeure de la fin du Moyen Age anglais, à côté des Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer. Son auteur, William Langland, y a travaillé toute sa vie, entre 1360 et 1390 environ, et nous a laissé un texte d’une richesse et d’une complexité extraordinaire, aussi bien sur un plan purement littéraire qu’historique. Il nous convie à un voyage dans la société de son temps, transformée par le prisme de ses rêves, et met en scène à travers la question centrale du salut de l’homme, toutes les interrogations d’une époque troublée – celle de la Guerre de Cent ans et de l’après Peste Noire – sur les problèmes sociaux et politiques, psychologiques, et religieux. La barrière linguistique explique sa faible renommée en France. Cette traduction se veut donc une invitation à la découverte d’une œuvre multiple et susceptible d’enrichir la connaissance des derniers siècles du Moyen Âge. Elle a été effectuée de la manière la plus accessible possible, et est accompagnée d’une introduction et de notes qui ont pour but d’apporter les éclaircissements essentiels à la compréhension du poème, sans pour autant épuiser ses multiples sens.

Cette traduction est intégralement disponible ici : https://www.academia.edu/11293170/Pierre_le_Laboureur_Integral_French_translation_of_Piers_Plowman_.

Directions ou co-directions d’ouvrages et collaborations

Villes et construction étatique en Europe du Nord-Ouest du xiiie au xve siècle (Empire, anciens Pays-Bas, France, Angleterre), sous la direction de Julie Pilorget, en collaboration avec Tobias Boestad, Morwenna Coquelin, Aude Mairey, Cécile Becchia et Aurélie Stuckens, Paris, Atlande, 2022.

Barbara Fleith, Réjanne Gay-Canton, Géraldine Veysseyre (dir.) en collaboration avec Aude Mairey et Audrey Pérard, De l’(id)entité textuelle au cours du Moyen Âge tardif (xiiiexve siècle), Paris, Classiques Garnier. 2018, 409 p.

Quatrième de couverture :

Le présent ouvrage analyse la textualité  médiévale, et surtout la manière traditionnelle de l’envisager comme un ensemble d’entités textuelles singulières. La priorité est accordée à l’examen de textes dont la circulation fut dynamique et qui, en conséquence, ont subi lors de leur diffusion des transformations de contenu, de forme ou de langue qui parfois confinent à la création d’œuvres nouvelles. Il s’agit d’établir dans quelle mesure il est légitime de considérer ces manifestations textuelles comme une seule œuvre; puis de déterminer comment les auteurs, les copistes et les lecteurs de la fin du Moyen Âge percevaient les copies innovantes, les réécritures et les traductions.

Aude Mairey, Fanny Madeline et Solal Abélès (dir.), « Contre-champs ». Études offertes à Jean-Philippe Genet par ses élèves, Paris, Classiques Garnier, 2016, 455 p.

Quatrième de couverture :

Du pays de Galles à la Bohême et des Flandres à l’Italie, de la prosopographie à la codicologie et aux usages des sciences sociales, les contributions de ce volume, offert par ses élèves à Jean-Philippe Genet, témoignent de ses multiples intérêts, mais aussi de la richesse et de la diversité de ses enseignements. Les quatre parties de cet ouvrage analysent respectivement quelques-uns de ses apports historiographiques majeurs, des exemples de relations entre États, territoires et acteurs, des éléments du système de communication occidental de la seconde moitié du Moyen Âge et, enfin, plusieurs aspects de l’histoire du livre médiéval.

Benoît Grévin et Aude Mairey (dir.), Le Moyen Âge dans le texte. Cinq ans d’histoire textuelle au Laboratoire de Médiévistique occidentale de Paris, Paris, Publications de la Sorbonne, 2016, 303 p.

Quatrième de couverture :

Le Moyen Âge dans le texte explore différentes facettes de la « nouvelle histoire textuelle » qui s’est imposée en histoire médiévale ces trente dernières années. Le livre reflète un cycle d’ateliers où se sont confrontés pendant cinq ans des chercheurs issus du Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris (Lamop), de France et de l’étranger, de l’Angleterre au Japon, dans une approche interdisciplinaire mettant en contact historiens, spécialistes de la littérature, linguistes et philologues. La nouvelle histoire textuelle a révolutionné le champ de l’histoire médiévale en interrogeant toutes les dimensions de la source-texte, conçue non plus comme une évidence, mais comme le terrain d’une enquête, quantitative et qualitative, devant sans cesse être renouvelée. Comment articuler les connaissances auxiliaires nécessaires à l’exploration historique du texte ? Quels jeux d’échelles adopter, et quelle philosophie de rapport à la source ? Comment replacer les textes dans leurs sociétés de création ? Cinq angles d’attaque sont présentés, permettant de réfléchir à ces problèmes : les enjeux de l’histoire des collections textuelles ; les jeux de code-switching et d’oscillation linguistique ; la Bible en tant qu’objet d’histoire textuelle ; l’absence du texte comme défi à la recherche ; enfin les différentes approches européennes du concept d’écriture pragmatique.

Jean-François Dunyach et Aude Mairey (dir.), Les âges de Britannia. Repenser l’histoire des mondes britanniques (Moyen Âge-xxie siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, 288 p.

Quatrième de couverture :

Britannia, figure tutélaire de la Grande-Bretagne, n’en a pas fini de se pencher sur son riche passé. D’une modeste île perdue au Nord-Ouest de l’Europe à l’Empire mondial le plus vaste de l’histoire, le destin de la Grande-Bretagne suscite en effet, et depuis longtemps, nombre d’interrogations sur le sort, voire le destin, de cette nation bien particulière. Cet ouvrage a pour ambition d’évoquer les récents enjeux de la redéfinition des domaines chronologiques convenus de l’histoire britannique, qu’ils soient traditionnels (comme la périodisation classique et institutionnalisée entre histoires « médiévale », « moderne » et « contemporaine ») ou qu’ils relèvent d’enjeux plus larges portant sur l’histoire de l’environnement, l’histoire impériale ou encore la global history. Il s’agit ici de croiser les réflexions sur la spécificité des périodes traditionnelles appliquées au domaine britannique et les perspectives plus générales des histoires globales contemporaines.

Les Tudors, toujours « médiévaux » ? Le Long Eighteenth-Century, toujours aussi long ? La démocratie est-elle « trans-période » et dépasse-t-elle les âges comme les domaines géographiques ? L’histoire impériale bouscule-t-elle les scansions traditionnelles de l’histoire britannique ? Comment l’histoire de l’environnement articule-t-elle histoire globale et histoire « domaniale » britannique ? Qu’est-ce qu’en somme une période historique et y a-t-il à cet égard une spécificité des re-périodisations contemporaines de l’histoire des mondes britanniques ?

  Langages politiques

Les langages politiques au Moyen Âge, xiiexve siècles, Médiévales, 57, automne 2009, introduction p. 5-14. [en ligne à l’adresse suivante : https://medievales.revues.org/5797]

I. La société politique en représentation

— « Le yeoman dans la littérature anglaise de la fin du Moyen Âge », dans Frédéric Boutoulle et Stéphane Gomis (dir.), Cultures villageoises au Moyen Âge et à l’époque moderne. 37e journées internationales de Flaran, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail (Cahiers de Flaran, 37), 2017, p. 105-117.

Une version longue de cet article est disponible en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02391803v1.

Aux xive et xve siècles, la structuration de la société anglaise s’est profondément transformée. La montée en puissance de groupes sociaux dynamiques – la gentry (petite et moyenne noblesse), les marchands, les hommes de loi – ont fait l’objet de nombreuses études. Mais, un cran au-dessous, les reconfigurations sociales ont également été importantes, surtout après 1350. Une catégorie, souvent jugée emblématique des élites villageoises au xvie siècle, se forme alors, celle des yeomen. Pourtant, les quelques références aux yeomen dans la littérature en anglais de cette période, alors en pleine expansion, font apparaître la profonde ambiguïté de cette catégorie, ce qui n’a pas manqué de provoquer des controverses en particulier sur le yeoman le plus célèbre de tous les temps, Robin des Bois. Mais l’étude conjuguée de ces références et des nombreuses sources parlementaires suggère que le yeoman anglais, qu’il soit membre d’une maisonnée aristocratique, archer monté dans les campagnes de la guerre de Cent Ans, petit propriétaire terrien, artisan aisé ou tout cela à la fois, est dans tous les cas dans une situation sociale particulière, au carrefour des structures et des évolutions politiques de la fin du Moyen Âge. L’importance de la forêt, l’archerie, ou encore la volonté de réforme politique sont autant de traits qui les caractérisent, socialement autant que culturellement, dans cette « joyeuse Angleterre » que beaucoup appellent de leurs vœux.

— En collaboration avec Franck Collard, « In the Mirror of Mutual Representation : Political Society As Seen By Its Members », dans Chris Fletcher, Jean-Philippe Genet et John Watts (dir.), Political Society in France and England at the end of the Middle Ages, Cambridge University Press, 2015, p. 317-350.

Cet article à quatre mains se propose d’explorer les représentations mutuelles des acteurs des sociétés politiques françaises et anglaises de la fin du Moyen Âge, ainsi que leurs visions de l’ordonnancement de la société, par l’étude de sources de nature variée – littéraires, historiques, polémiques ou normatives.

— « L’aristocratie anglaise face aux Lollards », dans Arian Boltanski et Franck Mercier (dir.), Le Salut par les armes. Noblesse et défense de l’orthodoxie (xiiiexviie s.), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2011, p. 81-92 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01313305v2].

Les débats historiographiques sur la dimension religieuse de la culture de l’aristocratie anglaise à la fin du Moyen Âge ont été nombreux et les questionnements généraux sur la dévotion de ces groupes sociaux ont été importants, par exemple sur la dévotion livresque ou sur l’idée de croisade. Mais ces débats sont en partie liés à l’apparition de la seule véritable hérésie anglaise de la période, le lollardisme. Or, les réactions spécifiquement aristocratiques sont peu nombreuses ou du moins rarement traitées pour elles-mêmes. Elles constituent pourtant une dimension importante si l’on veut envisager de manière globale les rapports entre orthodoxie et hétérodoxie dans le cadre général des transformations de la société politique. Après avoir rappelé les principales caractéristiques de l’hérésie lollarde, cet article présente un état des lieux, forcément incomplet, des réactions des élites. Un dernier temps est consacré à une étude de cas, celle des textes du poète et scribe, Thomas Hoccleve, afin de proposer quelques pistes de réflexion.

— « Qu’est-ce que le peuple ? Quelques réflexions sur la littérature politique anglaise de la fin du Moyen Âge », Médiévales, 57, 2009, p. 53-74. [en ligne à l’adresse suivante : https://medievales.revues.org/5804].

La société politique anglaise de la fin du Moyen Âge a connu de profondes transformations. La constitution d’un langage politique en anglais, présent notamment dans la littérature contemporaine, en est à la fois un reflet et un moteur. Les incertitudes sur l’expression de catégories-clés, le peuple et la communauté, en témoignent. Leur analyse suggère une séparation accrue entre les sujets du royaume et ceux qui les représentent, une hiérarchisation croissante, mais avec des hésitations et des tensions.

— « Les modèles royaux dans la poésie anglaise de la fin du Moyen Âge », dans Jean-Christophe Cassard, Élisabeth Gaucher et Jean Kerhervé (dir.), Vérité poétique, vérité politique : mythes, modèles et idéologies politiques au Moyen Âge, Brest, CRBC, 2007, p. 297-315 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00771438v1].

Dans l’État monarchique anglais de la fin du Moyen Âge, le roi joue un rôle essentiel, à la fois moteur et garant du gouvernement et de la société, mais dans un contexte politique souvent difficile, où les dépositions ne sont pas rares ? Dans ce cadre, il est important de comprendre ce que représentait le roi pour ses sujets, de comprendre comment ils ont pu composer avec l’importance de la personne royale en prenant en compte la réalité des faits, par exemple les changements de dynasties. La littérature politique de la période, abondante, constitue une porte d’entrée privilégiée en la matière ; si la figure royale y est essentielle, elle connaît cependant des évolutions importantes, qui témoignent aussi de la volonté de dialogue de la société politique anglaise.

II. Du bon gouvernement en Angleterre

– « Nation et discorde civile en Angleterre à la fin du Moyen Âge », dans Flocel Sabaté (dir.), La nació a l’edat mitjana, Lleida, Pagès editors, 2021, p. 223-248 (mise en ligne à venir).

– « Les poètes lancastriens : quel engagement pour la paix ? », dans Jean Philippe Genet, Patrick Boucheron et Étienne Anheim (dir.), De Dante à Rubens : l’artiste engagé ? (vers 1300-v. 1640), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2020, p. 161-180 (mise en ligne à venir).

À la fin du xive et dans la première moitié du xve siècle, les Anglais sont presque continuellement en guerre – contre les Français bien sûr, mais aussi entre eux, suite à la déposition de Richard II par Henri IV en 1399. Plusieurs poètes actifs durant cette période ont alors écrit pour exhorter leur souverains et leurs compatriotes à la paix – tel John Gower, Thomas Hoccleve ou John Lydgate mais aussi des anonymes. Cet article explore les modalités de leurs discours sur la paix, qui s’appuient certes sur un socle traditionnel éthique et chrétien, mais qui offrent nombre de variantes et de nuances, intimement liées au contexte dans lesquels ils sont composés.

— « La « matière de Troie » en Angleterre, xiiexve siècles », Troianalexandrina, 18, 2018 (2019), p. 405-412 (mise en ligne à venir)

En Angleterre, en complémentarité et en lien avec le mythe arthurien, le mythe de fondation de la Grande-Bretagne –et de Londres, la «nouvelle Troie»– par Brutus, petit-fils d’Énée (le fondateur légendaire de Rome), a été particulièrement important à partir du xive siècle, autant pour la justification généalogique de la royauté des Plantagenêt, puis des Lancastre, que pour ses dimensions multiples, notamment civilisatrices et pour certains, parfois, impérialistes. Présentées dans ces quelques pages, les sources de la fin du Moyen Âge, adaptations d’œuvres fondatrices, le démontrent à l’envi.

— « La tradition du Brut en moyen anglais à la fin du Moyen Âge », dans Géraldine Veysseyre et Hélène Cotterel (dir.), L’Historia regum Britannie de Geoffroy de Monmouth et les Bruts en Europe, tome 2, Production, circulation et réception (xiiexvie siècle), Paris, Classiques Garnier, 2018, p. 169-191 [en ligne sur HAL-SHS: https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03064590].

Les Bruts comptent parmi les textes les plus lus en Angleterre de la fin du Moyen Âge. Composées en français à la fin du xiiie siècle, puis adaptées en latin et en anglais, ces chroniques, longtemps délaissées par l ’historiographie moderne, suscitent aujourd’hui des études, surtout focalisées sur leur circulation et leur réception. Cet article mobilise des analyses lexicométriques pour dégager quelques enjeux majeurs de ces textes, qui permettent de mieux comprendre la société et la culture anglaises de la fin du Moyen Âge.

— « Entre polémique et réforme. Une traduction versifiée du De re militari de Végèce, Knyghthod and Bataile (1459-1460) », dans Marie Bouhaïk-Gironès, Tatiana Debbagi Baranova et Nathalie Szczech (dir.), Usages et stratégies polémiques en Europe (xive– premier xviie siècle), Bruxelles, Peter Lang, 2016 p. 33-46 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02391754v1].

Knyghthod and Bataile est une adaptation versifiée en anglais du De re militari de Végèce, composée en 1459-1460 par un prêtre de Calais (alors sous domination anglaise). Composée dans la période particulièrement troublée de la guerre civile, dite guerre des Roses, la principale particularité de cette adaptation de Végèce est sa forte dimension polémique – en faveur des Lancastriens et contre les Yorkistes – qui doit être replacée non seulement dans le champ de la production polémique de la période (traités, manifestes, poèmes…), mais aussi dans le plus large champ littéraire anglais du xve siècle, marqué par une intense réflexion à la fois sur le bon gouvernement du royaume et sur la forme poétique de cette réflexion. Mais cette dimension polémique apparaît gommée dans deux des trois manuscrits conservés, au profit d’une dimension réformatrice déjà très présente dans le texte original. Cet article s’emploie donc à comprendre l’articulation entre ces différentes facettes, dans le contexte général de la formation d’un langage politique en anglais durant cette période.

— « Nation, identité, communauté ? Quelques réflexions sur la littérature anglaise des xive et xve siècles », dans Nation et nations au Moyen Âge. Actes du 44e congrès de la SHMESP, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014, p. 107-122 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02389185v1].

Les débats sur l’identité de la nation anglaise à la fin du Moyen Âge sont porteurs de nombreuses controverses. Ils concernent notamment la langue et la littérature au sens large, en rapport avec le développement de l’anglais comme langue écrite et intellectuelle, mais dans un environnement marqué par le multilinguisme (latin – français – anglais). Dans ce cadre, l’identification d’une langue et d’une nation apparaît, en Angleterre, particulièrement problématique et un retour aux textes semble plus que jamais nécessaire. L’analyse de textes littéraires, politiques, didactiques ou historiques montre que le terme de “nation” est très peu employé. En revanche, les termes relevant de la notion de communauté sont de plus en plus fréquents et, dans la seconde moitié du xve siècle, une communauté anglaise est clairement identifiable dans ces textes et tend à se constituer une culture spécifique que l’on peut sans doute, à l’extrême fin de la période, qualifier de nationale.

— « La poésie comme mode de communication politique dans la guerre des Deux Roses », dans Jean-Philippe Genet, Andrea Zorzi et Andrea Gamberini (dir.), The Languages of the Political Society, Rome, Viella, 2011, p. 189-207 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02389167v1].

Les poèmes de circonstance écrits en Angleterre durant les guerres des Roses dans la seconde moitié du xve siècle n’ont jamais vraiment été étudiés, principalement parce qu’ils étaient considérés comme étant de médiocre facture. Toutefois, ils sont précieux pour l’historien qui souhaite étudier la communication politique de la fin du Moyen Âge : ils ne relèvent pas d’une propagande simpliste, mais s’inscrivent dans une nébuleuse textuelle – qui inclut d’autres textes tels que les manifestes, les chroniques, la littérature généalogique et héraldique, les traités en prose – et nourrissent les débats contemporains dans une société dont les membres sont de plus en plus sensibles à la pensée politique.

— « Mythe des origines et contrat politique chez Sir John Fortescue », dans François Foronda (dir.), Avant le contrat social. Le contrat politique dans l’Occident médiéval (xiiiexve siècles), Paris, Publications de la Sorbonne, 2011, p. 417-433 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01598627v1].

Sir John Fortescue (v. 1394-1476) fut un des plus grands juristes anglais du xve siècle. Chancelier de la dynastie des Lancastre en exil après la déposition d’Henri VI par Édouard IV d’York en 1461, il composa des tracts polémiques mais aussi des traités politiques en latin et en anglais (en particulier le Governance of England), afin de démontrer que le régime monarchique anglais était d’essence contractuelle, un jus regale et politicum, en le mettant en relation avec le mythe des origines de la Grande-Bretagne, qui aurait été fondée par Brutus, le petit-fils d’Énée. Cette explication par les origines a généralement été considérée comme relevant du stéréotype, mais la comparaison du traitement de Fortescue avec d’autres œuvres majeures – l’Histoire des rois de Bretagne de Geoffrey de Monmouth, le Brut, chronique la plus diffusée de l’histoire anglaise, et le Polychronicon, chronique universelle de Ranulph Higden, également très diffusée – suggère pourtant que Fortescue a mis l’accent, plus que ses prédécesseurs, sur les choix effectués par la communauté originelle et l’accord contractuel avec le roi. En outre, il établit un lien, précoce mais fondamental, entre civilisation et contrat politique.

— « “Pour la charité et le commun profit” : Bible, héresie et politique en Angleterre », dans Les cahiers électroniques d’histoire textuelle du LAMOP, 3, 2010 (1re éd. en ligne 2011), repris et révisé dans Benoît Grévin et Aude Mairey (dir.), Le Moyen Âge dans le texte. Cinq ans d’histoire textuelle au Laboratoire de Médiévistique occidentale de Paris, Paris, Publications de la Sorbonne, 2016, p. 165-178 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02408991v1].

Le prologue général de la Bible wycliffite a rarement été étudié dans sa dimension politique. Sa mise en relation avec les thèmes de la traduction et de l’accès à la connaissance, permet pourtant de mieux mesurer l’impact socio-politique de cette dernière, fondamental.

— « Le bien commun dans la littérature anglaise de la fin du Moyen Âge », dans Pouvoir d’un seul et bien commun, vexvie siècle, Actes du colloque international de Nanterre (décembre 2008), dir. Franck Collard, Revue française d’histoire des idées politiques, 32, 2010, p. 373-384 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01078922v1].

Pour beaucoup d’historiens et de critiques littéraires travaillant sur l’Angleterre des xive et xve siècles, de nombreuses sources littéraires, en particulier toutes celles que l’on pourrait ranger sous la bannière de la poésie politique, insistent sur la nécessité du bien commun, à tel point que l’expression semble avoir la saveur d’un cliché éculé : tous ceux qui participent au gouvernement du royaume, que ce soit directement ou indirectement, sont priés de faire passer le bien commun avant leurs intérêts particuliers, de mettre leurs pouvoirs et leurs compétences variées à son service, sous la direction éclairée du roi. Pourtant, cette expression n’apparaît que rarement en tant que telle dans les textes et sous plusieurs formes. Néanmoins, elle apparaît toujours de manière très significative par rapport aux préoccupations des poètes, et toujours en relation avec le gouvernement du roi, qu’elle soit conçue comme une notion générale concernant le bien-être de la communauté, en tant qu’objectif par excellence de la conduite d’un bon gouvernement ; ou dans un sens plus matériel, mais en lien avec les notions de largesse et de cupidité, dans le cadre d’une société de plus en plus monétarisée. Une fois encore, l’utilisation d’une notion fréquemment releguée au rang de stéréotype s’avère donc complexe et lourde de sens dans la tentative de construction d’un dialogue entre le roi et ses sujets.

— « Poésie et politique dans l’Angleterre de la fin du Moyen Âge : le cas du Parlement », Revue française d’histoire des idées politiques 26, 2007, p. 231-250 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-01316035v2].

En Angleterre, le parlement s’affirme dans les derniers siècles du Moyen Âge comme une institution représentative des élites anglaises, alors relativement ouverte, importante pour le fonctionnement de l’État. Pour cerner ces évolutions, les sources littéraires sont précieuses, et en particulier la poésie écrite en anglais, abondante à partir de 1350. Elles permettent d’approcher la perception qu’avaient les contemporains de cette institution, ainsi que de la replacer dans le cadre plus général d’une réflexion sur l’instauration d’un dialogue entre pouvoir et société politique, au cœur de la naissance de l’État moderne.

Littératures, langues et autorités

I. De l’affirmation de l’anglais

– « Littérature, esthétisation et politique en Angleterre à la fin du Moyen Âge », dans Jean-Philippe Genet (dir.), Vecteurs de l’idéel et mutations des sociétés politiques, Paris et Rome, Publications de la Sorbonne-École française de Rome, 2021, p. 75-91.

Cet article s’interroge sur les interactions entre forme et contenu du message dans la littérature anglaise à teneur politique entre 1350 et 1450 environ. De nombreuses œuvres, qui ont connu une large diffusion, sont en effet écrites en vers durant cette période. Or, l’esthétisation de l’anglais est un facteur essentiel de sa littérarisation. Cet article suggère, en analysant à la fois leurs interprétations – parfois axées sur leur supposée dimension « propagandiste » – et leurs usages de la versification, que les choix formels de ces auteurs n’ont rien d’une coïncidence et doivent être reliés, tout autant que leurs choix en matière de contenu, au contexte historique de la fin du Moyen Âge, culturel bien sûr, mais aussi social et politique.

— « Poetic translatio in England at the end of the Middle Ages », dans Jean-Philippe Genet (dir.), Traduction et culture. France – îles Britanniques, Paris, Classique Garnier, 2018, p. 89-107 [en ligne sur HAL-SHS: https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03064612].

La translatio poétique, c’est-à-dire la traduction ou l’adaptation d’un texte-source (en vers ou en prose) dans une forme versifiée, est un mode de composition important dans la première moitié du xve siècle anglais, dans le cadre plus large du développement de l’anglais écrit. Les auteurs de ces textes, au contenu didactique, encyclopédique ou politique – tels Thomas Hoccleve, John Lydgate et bien d’autres – sont parfaitement conscients de leur contribution à la formation d’une tradition poétique en anglais, et plus précisément d’une « poétisation du savoir ». Cet article tente de montrer que le choix de la versification doit être resitué dans le contexte troublé de la période, marqué notamment par l’usurpation de la dynastie des Lancastre, la présence de la seule hérésie anglaise de la fin du Moyen Âge, l’énergie lollarde, ou encore les remous liés à la guerre de Cent ans.

— « Christine de Pizan en Angleterre : une autorité en matière de bon gouvernement ? », Revue historique, 679/3, 2016, p. 491-512 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02391992v1].

De nombreux textes littéraires en anglais, au xve siècle font preuve d’une préoccupation pour le bon gouvernement et le bien commun. Plusieurs d’entre eux sont des traductions ou des adaptations du français, qu’il s’agisse de textes originaux (Guillaume de Deguileville, Alain Chartier…) ou de traductions du latin (Laurent de Premierfait…), sans compter les influences plus informelles. Christine de Pizan est bien connue en Angleterre dès le tournant des xive et xve siècles : Henri IV de Lancastre l’a invitée à sa cour (invitation qu’elle a refusé) et des manuscrits de ses œuvres circulent. Elle est également traduite et adaptée tout au long du siècle et encore au siècle suivant, sous le règne d’Henri VIII Tudor. Qu’apporte Christine à ces auteurs-traducteurs ? C’est peut-être d’abord l’éloquence de Christine, et l’usage qu’elle en fait, qui les aurait séduit, et cela est sans doute une raison importante dans un siècle où l’anglais se constitue en langue savante, politique et littéraire. Mais, plus largement, se pose la question de l’articulation entre ces développements de l’anglais et l’usage politique que font ces auteurs de Christine de Pizan, à un moment où l’Angleterre et la France se construisent en partie par leur confrontation, et alors même que Christine est une femme. Cet article aborde cette question à travers trois exemples de traductions empruntés à trois moments différents : la Letter of Cupid de Thomas Hoccleve au tout début du xve siècle, l’Epistle of Othea de Stephen Scrope dans les années 1440 et les Fayttes of Armes de William Caxton, imprimés en 1489.

— « Les traductions anglaises de la fin du Moyen Âge », dans Olivier Bertrand (éd.), Sciences et savoirs sous Charles V, Paris, Honoré Champion, 2014, p. 283-297 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02391858v1].

Aux xive et xve siècles, un vaste mouvement de traductions de textes en anglais s’est développé dans de nombreux domaines de la connaissance et de la littérature : Bible, littérature dévotionnelle, chroniques, romans, textes didactiques, médicaux et scientifiques. Cet article se propose d’analyser les principales caractéristiques de ce mouvement. Un premier point est le nombre important de traductions effectuées à partir du français – le latin n’était pas la seule langue médiatrice. En second lieu, les commanditaires de ces traductions ont avant tout été des membres de la noblesse et de la gentry, hommes ou femmes. Ce n’est qu’avec Henri V de Lancastre et son frère Humphrey de Gloucester, à partir des années 1410-1420, qu’une esquisse de politique princière apparaît en la matière, qui n’est toutefois pas vraiment dans les décennies suivantes, marquées par les troubles politiques et les guerres civiles. Enfin, il faut souligner les difficultés posées aux auteurs qui écrivaient en anglais du fait de la première traduction intégrale de la Bible par les lollards.

— « These trewe conclusions in englissh : Langues, cultures et autorités dans l’Angleterre du xive siecle », Revue historique, 637, 2006/1, p. 37-57 [en ligne à l’adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-historique-2006-1-page-37.htm].

Dans l’Angleterre de la fin du Moyen Âge, la production textuelle en anglais a connu un essor considérable, aussi bien sur le plan littéraire que sur les plans dévotionnel ou didactique, dans le cadre plus général d’une expansion de l’aptitude à lire et à écrire. Cette production constitue à la fois un symptôme et un moteur de la formation d’une culture spécifique, à dominante laïque, mais de caractère non chevaleresque. L’étude de cette mise en place passe non seulement par l’analyse des contenus des textes et de leur diffusion, mais aussi par celle des transformations linguistiques. On peut se demander, notamment, comment l’anglais acquiert peu à peu un statut d’autorité par rapport à la langue savante par excellence, le latin. À la fin du xive siècle, le poète anglais Geoffrey Chaucer a mené une importante réflexion sur cette question, en particulier dans deux de ses œuvres, le Treaty of the Astrolabe et The House of Fame. Leur étude suggère que Chaucer, par un questionnement conscient des autorités médiévales, a voulu légitimer à la fois son œuvre et l’anglais, afin de participer à la création d’un espace intellectuel plus ouvert, correspondant à une société dynamique.

 II. Études de cas

— « Hoccleve et Lydgate étaient-ils “antiféministes” ? », dans Genre textuel, genre social, Cahiers électroniques d’histoire textuelle du LAMOP, 8, Paris, Lamop, 2015, p. 72-100 (1ère éd. en ligne 2017 : https://lamop.pantheonsorbonne.fr/sites/default/files/inline-files/Aude_Mairey_2015.pdf), repris et révisé dans Emmanuelle Vagnon et Christopher Fletcher, Le Moyen Âge dans le texte, 2, Au-delà de l’écrit, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2021, p. 217-239.

Thomas Hoccleve (v. 1368-v. 1426) et John Lydgate (v. 1370-v. 1449), deux des plus importants auteurs du xve siècle, ont régulièrement été accusés de misogynie et d’antiféminisme dans le cadre d’études analysant les conceptions genrées dans la littérature anglaise contemporaine. Certains passages de leurs œuvres (dans le Regement of Princes d’Hoccleve ou le Troy Book de Lydgate, par exemple) prêtent en effet le flanc à des critiques de cet ordre. Toutefois, d’autres passages ambigus, dans ces mêmes textes, invitent à la nuance et, surtout, à remettre en contexte les conceptions de ces deux auteurs vis-à-vis des femmes. Cet article se propose d’analyser ces conceptions à l’aune du contexte politique contemporain (au sens large du terme) en envisageant, en particulier, la place des femmes dans l’espace discursif des œuvres d’Hoccleve et de Lydgate.

— « Boccace en Angleterre : la Fall of Princes de John Lydgate (1431-1438) », dans Barbara Fleith, Réjanne Gay-Canton, Géraldine Veysseyre (dir.) en collaboration avec Aude Mairey et Audrey Pérard, De l’(id)entité textuelle au cours du Moyen Âge tardif (xiiie-xve siècle), Paris, Classiques Garnier, 2018, p. 163-182 [en ligne sur HAL-SHS: https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03064573].

Pour composer The Fall of Princes, John Lydgate recourut à la traduction par Laurent de Premierfait du De casibus virorum illustrium de Boccace. Soulignant les préoccupations propres à chaque auteur, l ’étude montre que Lydgate participe à la constitution d’une culture vernaculaire anglaise.

— « John Gower ou le multilinguisme en action », Médiévales, n°68, printemps 2015, p. 57-72 [en ligne à l’adresse suivante : https://journals.openedition.org/medievales/7533].

John Gower (ca 1330-1408) est le seul poète anglais de la fin du Moyen Âge dont on peut être certain qu’il a composé son œuvre dans les trois langues principales alors en usage en Angleterre – le français, l’anglais et le latin – de manière tout à fait consciente, comme en témoignent ses trois principaux poèmes, la Vox Clamantis (latin), le Mirour de l’Omme (français) et la Confessio Amantis (anglais). Ainsi est-il le représentant exceptionnel d’une période où une réflexion à visée réformatrice s’exprime dans le cadre d’un système de communication encore caractérisé par son multilinguisme.

— « Thomas Hoccleve ou l’ambiguïté de l’autorité poétique », dans Jean-Philippe Genet (éd.), La légitimité de l’implicite, Rome et Paris, École Française de Rome-Publications de la sorbonne, 2015, p. 337-355 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02391888v1].

Thomas Hoccleve (v. 1367-1426) était à la fois un scribe gouvernemental et un poète, dont la particularité est qu’il est l’un des premiers à composer des passages « autobiographiques » en anglais. Sa poésie exacerbe un certain nombre de thèmes dont se préoccupent ses contemporains, en particulier sur la question de la légitimité de chacun – roi, prince ou sujet – vis-à-vis de la société. Sa position particulière, à la fois au centre et en marge du pouvoir, entre household et administration, dans un office qui garde une part d’informel tout en étant de plus en plus structuré, l’a contraint à élaborer une vision aigue des tensions de la période, et éventuellement de distiller certains désaccords. En même temps, tout acteur du système qu’il soit, l’expression des angoisses de Thomas Hoccleve par le biais de sa persona – qui sont intimement connectées aux tensions sociales et contemporaines qu’il pointe – le poussent à élaborer une réflexion sophistiquée sur le regimen, dont la maîtrise est indispensable pour le prince, mais aussi pour ses sujets.

— « Entre litterature, science et politique : les œuvres alchimiques de Thomas Norton et George Ripley », Revue Historique, 658/2, 2011, p. 243-263 [en ligne à l’adresse suivante : https://www.cairn.info/revue-historique-2011-2-page-243.htm].

Les œuvres alchimiques de Thomas Norton (The Ordinal of Alchemy) et George Ripley (The Compound of Alchemy) constituent deux des plus importants témoignages de la popularité de l’alchimie dans l’Angleterre de la seconde moitié du xve siècle, mais elles n’ont généralement été étudiées que sous l’angle de leur pseudo- scientificité. Or, leurs auteurs abordent, particulièrement dans leurs prologues, des questions cruciales sur les notions de littérature, de langue et de connaissance, mais aussi sur leur rapport au pouvoir et au prince. Cela est d’autant plus notable qu’ils souhaitent transmettre une discipline à la croisée des sciences et des arts, marquée par la culture du secret. De fait, ces textes invitent à repenser tout autant les frontières établies entre cultures savantes et non savantes que celles entre les genres littéraires médiévaux. Ils participent pleinement à la constitution d’une culture laïque possédant une forte identité anglaise et marquée par des enjeux politiques essentiels – la transformation du prince aux fins de bon gouvernement – dans le contexte d’une société politique troublée par la guerre civile.

— « William Caxton : auteur, éditeur, imprimeur », Identités britanniques. Espaces, langues, cultures, dir. Jean-Philippe Genet, Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, 19, 2010, p. 123-142 [en ligne à l’adresse suivante : http://crm.revues.org/11991].

William Caxton fut le premier imprimeur anglais, actif de 1473 à 1491. Il publia près de 80 ouvrages (rééditions comprises), presque tous en anglais, parmi lesquels de nombreuses traductions de sa main, souvent accompagnées de prologues et/ou d’épilogues. Il intervint également à plusieurs reprises sur d’autres textes, faisant ainsi œuvre d’éditeur. Ces prologues constituent un véritable laboratoire d’analyse de la culture écrite de la fin du Moyen Âge et suggèrent que Caxton voulait participer à la constitution d’une culture anglaise et laïque, destinée à une communauté consciente d’elle-même.

— « Pratiques de l’allégorie dans la poésie anglaise du xive siecle », dans Gilbert Dahan et Richard Goulet (éd.), Allégorie des poètes, Allégorie des philosophies, Études sur la poétique et l’herméneutique de l’allégorie de l’Antiquité à la Réforme, Paris, Vrin, 2005, p. 266-288 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00426659v1].

L’objectif de cet article est de revisiter la problématique des liens entre allégorie des clercs et allégorie des poètes dans une perspective historique, dans le cadre plus large d’une réflexion sur les interactions entre les textes littéraires, leurs auteurs, et l’évolution du système de communication anglais aux xive et xve siècles. Deux auteurs sont particulièrement envisagés, William Langland et Geoffrey Chaucer, qui ont tous deux composé des poésies allégoriques. Ces dernières sont marquées par les différents modes d’interprétation de la Bible, que les poètes interrogent et réutilisent dans leurs propres constructions de manière structurelle, afin de produire un discours spécifique et adapté à leur public, constitué d’un nombre croissant de laïcs de plus en plus exigeants.

 

Historiographie, méthodologie, synthèses

I. Historiographies et méthodologies

– en collaboration avec Mourad Aouini, « PALM : Un modèle neuronal pour l’étiquetage morphosyntaxique des textes médiévaux », dans JADT 2020 : 15èmes Journées Internationales d’Analyse statistique des Données Textuelles, Toulouse, 2021, en ligne : http://lexicometrica.univ-paris3.fr/jadt/JADT2020/jadt2020_pdf/MAIREY_AOUINI_JADT2020.pdf

— « Des âges de la chevalerie (xiexve siècles) ? Approche historiographique », dans Jean-François Dunyach et Aude Mairey (dir.), Les âges de Britannia. Repenser l’histoire des mondes britanniques (Moyen Âge-xxie siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, p. 55-69 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02409250v1].

Les origines et le déclin de la chevalerie, font l’objet de nombreuses controverses historiographiques en Angleterre depuis plus d’un siècle, ce qui soulève la question beaucoup plus générale de la pertinence des périodisations historiques. Mais ces controverses sont intimement liées aux problèmes de définition de cette notion. Cet article étudie ces débats, en soulignant que la chevalerie n’est pas seulement un code militaire ou aristocratique, ni même une « idéologie » (avec tous les guillemets d’usage), mais qu’elle constitue, de manière beaucoup plus large, un phénomène culturel sur la longue durée, dynamique et non figé. C’est pourquoi elle est si difficile à périodiser avec certitude.

— « Genre et culture de l’écrit en Angleterre à la fin du Moyen Âge : enjeux croisés (essai historiographique) », Clio. Histoire, femmes et sociétés, 38, 2013, p. 273-298 [en ligne en français : https://journals.openedition.org/clio/11671 ; et en anglais : https://www.cairn-int.info/article-E_CLIO1_038_0273–gender-and-written-culture-in-england.htm].

Nombre d’analyses et de réflexions d’Anglo-Saxons (mais aussi de Scandinaves et de Néerlandais) sur les interactions entre genre et culture écrite en Angleterre à la fin du Moyen Âge ont été, ces dernières années, d’une grande richesse. Elles méritent d’être appréhendées dans toute leur complexité et d’être confrontées aux récents questionnements de l’historiographie française. Une grande partie de ces travaux s’est inscrite dans le cadre d’une analyse renouvelée du triptyque « literacy/orality/ aurality » et insiste sur la complexité des contenus et des formes de savoirs féminins et de leurs transmissions à tous les niveaux. Ces études soulignent la multiplicité des situations et des modèles selon les contextes sociaux, politiques et religieux. Elles élargissent et problématisent la notion de literacy ainsi que les rapports de domination hommes/femmes qui en résultent, dessinant un paysage culturel toujours plus dense.

— « English poetry and political society at the end of the Middle Ages », présentation non publiée effectuée lors de la journée d’étude « Political Language. The Study of Terminology as a Tool in Political and Social History », Queen Mary, University of London (26 mars 2013) [en ligne sur Academia : https://www.academia.edu/10231947/English_poetry_and_political_society_at_the_end_of_the_Middle_Ages_2013_].

Exemple de traitement textométrique d’un corpus de textes en moyen anglais (non publié).

— « Quelles perspectives pour la textométrie », dans Jean-Philippe Genet et Andrea Zorzi (dir.), Les historiens et l’informatique : un métier à réinventer, Rome, École française de Rome, 2011, p. 157-170 [en ligne sur HAL-SHS : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02093180v1].

Les historiens actuels, au moins les spécialistes des périodes anciennes, se sont plutôt détournés ces dernières années des méthodes informatiques et statistiques de traitements de textes et de corpus, aujourd’hui regroupées sous le nom de textométrie. Or, la palette de ces dernières s’est dans le même temps considérablement élargie. Elles soulèvent cependant nombre de problèmes, d’ordre épistémologique autant que technique, qu’il convient d’élucider dans un contexte général de profondes transformations du traitement de la connaissance. L’objet de cet article est de contribuer à cette réflexion, en s’attachant aussi bien à l’épineuse question de l’apprentissage qu’à la présentation de quelques outils particulièrement utiles pour l’étude historique des langues anciennes.

— « Multilinguisme et code-switching en Angleterre à la fin du Moyen Âge. Approche historiographique », dans Reflets de code-switching dans la documentation médiévale ?, Cahiers électroniques d’histoire textuelle du LaMOP, 2, 2009 (1re éd. en ligne 2011 : https://lamop.univ-paris1.fr/menu-haut/publications-et-ressources/publications-du-lamop/cahiers-electroniques-dhistoire-textuelle-du-lamop-cehtl/cehtl-2-2009/).

L’historiographie anglo-saxonne s’est, pour les langues médiévales, profondément renouvelée ces dernières années. Les contacts entre les trois langues de l’Angleterre –latin, français, anglais– a fait l’objet d’analyses qui portent sur la complexité de leurs rapports et sur celle du multilinguisme dans la société médiévale.

— « L’histoire culturelle dans l’historiographie anglo-américaine. Quelques éléments de réflexion », Médiévales, 55, automne 2008, p. 147-162 [en ligne à l’adresse suivante : http://medievales.revues.org/5498].

Cet article se propose de donner quelques points de repères sur l’historiographie culturelle anglo-américaine, pour la période médiévale, en suggérant les convergences et les écarts avec l’historiographie française.

— « La poésie allitérative anglaise du xive siècle. Une analyse factorielle par domaine lexical », Histoire & Mesure, xviii-3/4, 2003, p. 263-288 [en ligne à l’adresse suivante : https://journals.openedition.org/histoiremesure/824].

L’analyse factorielle portant sur un domaine lexical constitue le complément appréciable d’une analyse factorielle générale réalisée à partir des fréquences les plus importantes des textes d’un corpus. Appliquée aux poèmes anglais du xive siècle, dont les auteurs furent très préoccupés par le monde qui les entourait, elle permet de suggérer quelques-uns des apports, mais aussi des limites de cet outil statistique. Sur le plan méthodologique, ses apports apparaissent en effet doubles. Elle conduit tout d’abord à affiner les tendances dégagées par l’analyse factorielle générale et à mettre en valeur des aspects non représentés par cette dernière mais néanmoins dignes d’intérêt. En outre, elle complète utilement une étude lexicologique (associations et concordances). Les limites se situent surtout dans le fait que tous les textes d’un corpus ne traitent pas des mêmes thèmes, alors qu’ils apparaissent dans les résultats. Elles peuvent néanmoins être surmontées par une interprétation attentive.

2. Synthèses

— « Christine de Pizan », dans Mortimer Sellers et Stephan Kirste (dir.), Encyclopedia of the Philosophy of Law and Social Philosophy, Springer, Dordrecht, 2021, en ligne : https://doi.org/10.1007/978-94-007-6730-0_954-1.

— « L’Angleterre de la guerre des Roses : entre chaos et construction politique », dans La guerre civile, dir. Jean Baechler, Paris, Éditions Hermann, 2018, p. 195-218.

— « Et s’ils avaient parlé français », Les Collections de L’HistoireLes Anglais. La nation impériale, 77, octobre-décembre 2017, p. 24-25.

— « Richard III ou le destin d’un monstre », L’Histoire, 384, février 2013, p. 66-69.

— « La Bible wycliffite », dans Une histoire du monde au xve siècle (vers 1380-vers 1520), dir. Patrick Boucheron, Paris, Fayard, 2009, p. 458-463.

 

Médiévalisme

— « La Peste Noire », dans Anne Besson, William Blanc et Vincent Ferré (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge imaginaire, Paris, Vendémiaire, 2022, p. 336-339.

— « Robin des bois », dans Anne Besson, William Blanc et Vincent Ferré (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge imaginaire, Paris, Vendémiaire, 2022, p. 371-375.

— « Sir Walter Scott », dans Anne Besson, William Blanc et Vincent Ferré (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge imaginaire, Paris, Vendémiaire, 2022, p. 394-396.

– « Le Merlin de la BBC (2008-2012) : entre détournement et réappropriation ? », Médiévales, 78, 2020, p. 87-100.